mardi 20 décembre 2016

Le système Galileo presque opérationnel, enfin...

Avec son système de positionnement par satellites Galileo, l'Europe va se libèrer de sa dépendance stratégique aux Etats-Unis.


Galileo
On ne dira pas que c'est l'une des plus grandes réussites de l'Europe spatiale, mais enfin, ne gâchons pas notre anticipé plaisir : si tout va bien, en 2020, le système de géolocalisation par satellites Galileo sera opérationnel, enfin... Ouf ! Un quart de siècle après son homologue américain, le cultissime GPS - Global Positionning System - Galileo, avec une bonne décennie de retard va offrir à l'Europe son indépendance stratégique perdue, et à ses clients une précision et une rapidité accrues.
Officiellement, Galileo est mis en service ce jeudi 15 décembre 2016, mais bon, si vous ne disposez pas d'un smartphone espagnol Aquaris X5, vous ne vous en rendrez pas compte.
Aujourd'hui, non seulement quasiment aucun appareil n'est compatible, mais en plus le réseau Galileo n'est pas complet : quinze satellites tournent là-haut, à 22 000 kilomètres, alors qu'une trentaine sont attendus pour 2020, avec à la clé le rendement maximal du réseau spatial européen.
Lequel revient de loin... Dix ans de retard, un coût multiplié par trois à pratiquement dix milliards d'euros, des échecs de satellisation ont failli entraîner l'abandon du projet, dont la maitrise d'oeuvre est passée de l'Agence spatiale européenne (ESA) à la Commission européenne.
Mais ces galères sont aujourd'hui oubliées, et la flottille flambant neuve de Galileo s'apprête à attaquer l'un des plus formidables marchés des prochaines décennies... Si le GPS offre aujourd'hui une précision de l'ordre de dix mètres, et une vitesse aléatoire - que celui qui n'a jamais lu sur son GPS une indication de direction passée d'une bonne centaine de mètres jette la première pierre à Galileo - le système européen offrira gratuitement trois fois mieux, et dix fois mieux moyennant un abonnement professionnel.
Et Galileo bénéficiera aussi d'un coup de pouce discret de l'Europe, qui s'apprête à mettre les véhicules en production aux normes européennes aux fréquences des satellites du réseau...
Les progrès promis par Galileo vont diffuser dans tous les domaines où la géolocalisation est devenue cruciale, au point parfois qu'on l'utilise souvent sans même s'en rendre compte : agriculture, travaux publics, sports, transports, jeux.
C'est, peut-être, dans le domaine des transports automatisés, qui va exploser dans les décennies qui viennent, que Galileo va faire la meilleure démonstration de sa précision et de sa puissance.
Rendez-vous, donc, en 2020 : si tout se passe bien, vous lirez vos chroniques préférées de Science et Vie.com à 130 kilomètres-heure sur l'autoroute, sans tenir le volant ni regarder la route : ce sera en partie grâce à Galileo.

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