vendredi 16 septembre 2016

Un nouveau classement pour les galaxies

Une nouvelle façon de classer les galaxies prendra mieux en compte leurs caractéristiques physiques plutôt que leur apparence comme c'était le cas avec la séquence de Hubble.

Galaxies dans la constellation de Pégase. NASA, ESA, and the Hubble SM4 ERO Team.Galaxies dans la constellation de Pégase. NASA, ESA, and the Hubble SM4 ERO Team.
EDWIN HUBBLE. L'astronome qui a annoncé au monde, en 1924, que d'autres galaxies existaient dans l'univers a également donné son nom à un système de classification de ces astres, qu'il a développé et qui est appelé séquence de Hubble. Elle décrit les galaxies selon des critères morphologiques et en distingue quatre types : spirales, lenticulaires, elliptiques et irrégulières. Ce système est toujours utilisé par les astronomes bien qu'il ne représente pas toujours la réalité physique. Aussi, des astronomes australiens ont-ils décidés de revoir cette classification sous un regard plus scientifique : "Nous avons vraiment besoin d'un moyen de classer les galaxies systématiquement en utilisant des instruments qui mesurent les propriétés physiques plutôt que d'une technique subjective impliquant l'interprétation humaine", explique Luca Cortese du Centre international de recherche en radioastronomie, en Australie.
Le nouveau classement des galaxies. Crédit : L. Cortese (ICRAR/UWA) and Sloan Digital Sky Survey.
Avec son équipe, il a observé 488 galaxies avec l'instrument SAMI du télescope anglo-australien de 3,9 mètres installé près de Sydney. SAMI est un spectrographe intégral de champ : il peut acquérir toute une série de données concernant tous les objets présents dans une portion d'espace, un champ. L'instrument européen MUSE fonctionne sur ce même principe et a obtenu des résultats plus que probants, qualifiés de miraculeux, dans la détection de nouvelles galaxies. Grâce à SAMI, "nous avons cartographié en détail la distribution et la vitesse des différentes composantes de ces galaxies. Puis, en utilisant cette information, nous avons été en mesure de déterminer le moment cinétique global de chaque galaxie, qui est la grandeur physique clé affectant la façon dont la galaxie évoluera au cours des milliards d'années", détaille Lucas Cortese. Au final, ils ont dressé un nouveau tableau où sont classées les galaxies en fonction de leur masse et de leur moment cinétique (ou angulaire). Ce tableau n'est finalement pas très éloigné de la séquence de Hubble (excepté la disparition des galaxies irrégulières) mais il s'appuie sur des critères physiques plus que morphologiques. "Nous disposons maintenant d'une interprétation physique de la séquence de Hubble tout en éliminant la subjectivité et la partialité d'une classification visuelle basée sur la perception humaine plutôt que la mesure réelle", conclut Lucas Cortese.

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