samedi 17 septembre 2016

LA SONDE OSIRIS-REX VISE L'ASTÉROÏDE BENNU


La sonde Osiris-Rex
La Nasa a un mois devant elle pour réussir son lancement, la fenêtre de tir d'Osiris-Rex (improbable acronyme de Origins-Spectral Interpretation-Resource Identification-Security-Regolith Explorer) durant deux heures, tous les jours, jusqu'à la mi octobre.
La mission d'Osiris-Rex s'inscrit dans la seconde vague d'exploration du système solaire, qui s'attache à comprendre les petits corps, satellites, comètes et astéroïdes, plutôt que les grandes planètes, que la première vague, au cours des années 1960 à 1990, nous a permis de découvrir...
C'est ainsi que, depuis la fin du XX e siècle, trois planètes naines - Pluton, Charon et Cérès, six comètes, Halley, Tempel 1, Hartley 2, Borrelly, Wild 2, Churyumov-Gerasimenko et onze astéroïdes, Vesta, Mathilde, Steins, Itokawa, Eros, Gaspra, Ida, Lutetia, Annefranck, Braille,Toutatis, ont été survolés par des sondes spatiales.
Mieux : la sonde Near s'est posée sur Eros, le module Philaé sur la comète Churyumov-Gerasimenko, et la sonde Hayabusa a ramené sur Terre quelques poussières de l'astéroïde Itokawa...

Bennu, un danger potentiel pour la Terre

La cible de cette nouvelle sonde grosse comme une fourgonnette et pesant 2,1 tonnes, c'est l'astéroïde Bennu, un petit corps d'environ 500 mètres de diamètre, découvert en 1999 et dont l'orbite coupe régulièrement celle de la Terre. Un tel astéroïde, dit géocroiseur, pose un danger potentiel pour la Terre et, parmi les objectifs de Osiris-Rex, il y a l'étude de ses caractéristiques physiques et mécaniques, afin qu'un jour on sache comment dévier ou détruire les astéroïdes dangereux.
Une fois la Terre quittée, la sonde Osiris-Rex va se diriger vers Bennu, qu'elle atteindra en août 2018. Elle étudiera l'astéroïde sous toutes les coutures, puis s'approchera progressivement de sa surface afin de collecter des échantillons.
Se poser sur l'astéroïde, où son poids n'atteindrait pas un gramme, étant trop difficile, comme on l'a vu avec le demi échec du module européen Philaé sur la comète Churyumov-Gerasimenko, et avec le demi succès de la sonde Hayabusa sur l'astéroïde Itokawa, la Nasa a choisi un mode de récolte très simple : arrivée juste au dessus de l'astéroïde, Osiris-Rex déploiera un bras robotisé, au bout duquel se trouvera un récipient cylindrique. Ce récipient, au moment du contact avec le sol, expulsera des jets d'azote, afin de soulever la poussière de la surface. Une fois la poussière piégée dans le récipient, le bras se repliera vers la sonde. Les planétologues américains espèrent ainsi collecter entre 60 grammes et 2 kilos de poussières de Bennu.
Une fois la collecte réalisée, Osiris-Rex, en mars 2021, reprendra le chemin de la Terre, qu'elle atteindra en septembre 2023. Elle brûlera dans l'atmosphère terrestre, sauf, bien sûr, la capsule contenant de la poussière d'astéroïde, protégée par un bouclier thermique, qui devrait atteindre sereinement le sol de l'Utah en se balançant sous un parachute...
Osiris-Rex n'est pas la seule sonde spatiale qui vise aujourd'hui un astéroïde : depuis décembre 2014, la sonde japonaise Hayabusa 2 file vers l'astéroïde Ryugu, qu'elle atteindra en juillet 2018, avec pour objectif de ramener sur Terre des échantillons de ce petit corps céleste...

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