vendredi 16 septembre 2016

LA LUNE EST MISE EN CAUSE DANS LES GROS SÉISMES

Une nouvelle étude montre que les risques de gros séismes sont plus forts lors des phases de pleine lune et de nouvelle lune.

La Lune, avec ses effets de marée, a une part de responsabilité dans la survenue des séismes... Les scientifiques s'en doutaient, mais jusque-là aucun mécanisme n'avait vraiment été exhumé. Aujourd'hui, grâce à une étude de chercheurs japonais publiée dans la revue Nature Geosciences le 12 septembre, la lacune commence à être comblée.
En substance : les probabilités d'avoir un gros séisme seraient particulièrement fortes durant les périodes de pleine-lune ou de nouvelle-lune. Ces conclusions permettent d'affiner un peu la science de la prédiction des gros séismes - ceux dont la magnitude est supérieure à 5,5 sur l'échelle de Richter. S'il ne s'agit que de probabilités, c'est tout de même une belle avancée.

L'effet de marée solide

De fait, l'étude concerne les séismes tectoniques https://fr.wikipedia.org/wiki/Séisme#Séismes_tectoniques, ceux qui se produisent dans les régions où les plaques tectoniques se chevauchent (subduction), et sont de loin les plus fréquents et violents, comme le séisme survenu à Sumatra en décembre 2004 (magnitude 9,4) qui a fait 228 000 morts, celui de Tohoku-Oki au Japon en 2011 (magnitude 9) avec ses 20 000 morts et disparus et la catastrophe de Fukushima qui s'en suivit, ou encore celui du Chili en 2010 (magnitude 8,8)...
Quel est donc le rôle de la Lune dans ces séismes ? L'effet de marée bien sûr : par son attraction gravitationnelle, la Lune imprime constamment une déformation de la couche d'eau du Globe mais aussi de sa croûte solide.

Un maximum de risque tous les 14 jours, 18 heures et 22 secondes

Ainsi il existe de véritables vagues de déformation solides de la croûte qui suivent (avec un petit décalage spatial) le parcours de la Lune. Ce phénomène est constant, mais quand la Lune est pleine, elle se trouve à l'opposé du Soleil par rapport à la Terre : tirée d'un côté par la gravité du Soleil et de l'autre par celle de la Lune, la Terre présente un maximum de déformation solide.
Et lors de la nouvelle Lune, celle-ci se trouve entre le Soleil et la Terre, ce qui a le même effet mécanique sur la croûte. À chaque alternance (d'une période de 14 jours, 18 heures et 22 secondes) la croûte est ainsi soumise à un maximum de tension.

La pichenette donnée par la Lune (et le Soleil)

Tout cela était connu des scientifiques, mais l'on ignorait comment l'effet de cette tension globale se traduit « microscopiquement » sur les failles et fractures de la roche terrestre.
Or les chercheurs ont découvert, grâce à un modèle dit de « tremblements tectoniques profonds » et à l'étude statistique de dizaines de milliers de séismes répertoriées dans des bases de données, que dans les zones de subduction, la contrainte mécanique exercée par l'addition des forces gravitationnelles du Soleil et de la Lune était à même de produire la « pichenette » en trop qui libèrerait toutes les autres tensions accumulées dans ces zones instables.

Effet de cascade

Un effet de cascade lié à la position de la Lune qui entraine une multitude de petites zones de tension à glisser à l'unisson jusqu'à, dans certains cas, transformer ce qui n'aurait été au pire qu'un séisme de faible magnitude en un méga-séisme dévastateur.
En résumé, la Lune (et le Soleil) fait courir un maximum de risque de gros séisme dans les zones tectoniques tous les 14 jours et 18 heures, en donnant une énergie supplémentaire à essaim de tensions déjà en place. Comme les séismologues arrivent à estimer le taux de tension accumulé dans une zone de subduction connue, le mécanisme découvert par les chercheurs permet d'affiner le profil de risque de gros séisme.

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