dimanche 4 septembre 2016

Découverte de plusieurs objets transneptuniens extrêmes

Illustration de l’hypothétique planète X. Les orbites similaires de plusieurs objets transneptuniens extrêmes ont conduit des chercheurs à suggérer son existence dans les confins du Système solaire. © Caltech, R. Hurt (IPAC)

Illustration de l’hypothétique planète X. Les orbites similaires de plusieurs objets transneptuniens extrêmes ont conduit des chercheurs à suggérer son existence dans les confins du Système solaire. © Caltech, R. Hurt (IPAC)



Nous sommes encore loin de connaître le Système solaire jusque dans ses moindres recoins, situés à plusieurs centaines ou milliers de fois la distance entre la Terre et le Soleil. Ces dernières années, plusieurs chercheurs ont postulé l’existence d’une neuvième planète (aussi désignée planète X) qui se serait dérobée à nos yeux jusqu’à présent. 
Parmi les premiers à avoir proposé cette hypothèse, figurent Scott Sheppard, du Carnegie Institution for Science et Chadwick Trujillo, de la Northern Arizona University. Ils la formulèrentdans la foulée de leurs découvertes de plusieurs objets célestes de petite taille se trouvant au-delà de NeptuneLa similarité des orbites de ces corps les conduisit à la supposition suivante : un corps plus massif que notre Planète doit influencer ces objets.
Récemment, ils viennent de soumettre leurs dernières découvertes dans ce domaine au bureau des planètes mineures de l’UAI, l’Union astronomique internationale (leur étude a été acceptée pour publication dans The Astronomical Journal). Pour les auteurs : « Les objets trouvés loin au-delà de Neptune détiennent la clé sur les origines et l’évolution de notre Système solaire ».

Des objets transneptuniens difficiles à débusquer

Très éloignés, petits, lents et sombres, ces « objets transneptuniens extrêmes », supposés être des milliers, sont très difficiles à débusquer. « Plus nous en découvrirons, mieux nous pourrons comprendre ce qui se passe dans le Système solaire externe », insiste Scott Sheppard. Grâce à eux, les chercheurs entendent bien en déduire la position de l’hypothétique planète X.
Ces nouveaux objets ont été identifiés — pour l’instant, seuls 10 % de la voûte céleste ont été fouillés — lors de leurs sondages effectués grâce à la caméra Dark Energy installée sur un télescope de 4 mètres de la NOAO, au Chili, et la Hyper Suprime Camera sur le Subaru, 8 mètres de diamètre, à Hawaï. Parmi eux, certains, comme 2014 SR349, partagent les mêmes caractéristiques orbitales que ceux de la précédente collection. 
D’autres ont l’un des six paramètres orbitaux étayant la thèse d’une neuvième planète qui diffère, par exemple la longitude de périhélie, dans le cas de 2013 FT28.
Avec la complicité de David Tholen, de l’université d’Hawaï, les chercheurs ont aussi débuché un objet avec une orbite très allongée qui l’éloigne jusqu’à 3.000 unités astronomiques du Soleil. 2014 FE72 est le premier objet du nuage de Oort observé dont l’orbite est entièrement au-delà de celle de Neptune. Il n’est pas exclu qu’il soit sous l’emprise gravitationnelle de forces extérieures comme des étoiles du voisinage ou encore les forces de marée de la Galaxie.
« Nous sommes à présent dans une situation similaire à celle du milieu du XIXe siècle, a rappelé S. Shepard, lorsqu’Alexis Bouvard remarqua que le mouvement orbital d’Uranus était particulier, ce qui conduisit finalement à la découverte de Neptune ».

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