mardi 28 juin 2016

Google : la nouvelle menace de Bruxelles.

Ce troisième front qui pourrait s’ouvrir concernerait cette fois la publicité en ligne.

Bruxelles va-t-il ouvrir un troisième front contre Google ? Cette hypothèse semble plausible, si l'on en croit le « Wall Street Journal » et « Politico », selon lesquels la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, pourrait bientôt publier une « communication des griefs » à l'encontre du géant californien au sujet de ses pratiques dans le secteur de la publicité en ligne. 
Ces deux médias citent diverses sources anonymes selon lesquelles la Commission européenne aurait demandé à des concurrents de Google dans la publicité en ligne de rendre consultables, par Google, les reproches qu'ils formulent à l'encontre de ce dernier et qu'ils avaient communiqués, jusqu'à présent confidentiellement, à la Commission. 
Ces entreprises auraient désormais une semaine pour produire de nouvelles versions de leurs documents. Cette procédure laisse penser que Bruxelles est dans la phase finale de la préparation de son acte d'accusation, et qu'il lui faut justifier, auprès de Google, cette accusation sur des éléments tangibles. 

Le business des publicités aux enchères liées à des mots

Margrethe Vestager avait déjà fait savoir que ses équipes s'interrogeaient sur une éventuelle position dominante de Google dans la publicité en ligne. La question qui se pose est notamment de savoir si la société californienne empêche, ou complique la tâche de sites Web cherchant à placer des publicités échappant au réseau de Google. 
La Commission européenne s'interroge aussi sur le business des publicités aux enchères liées à des mots (« adwords ») : les annonceurs qui y ont recours subissent-ils des contraintes lorsqu'ils veulent placer des publicités dans des systèmes concurrents ? 
Cette nouvelle offensive, si elle se ­confirmait, achèverait de démontrer la détermination de Margrethe Vestager face à Google, en dépit de la teneur politique que prend cette confrontation. Washington s'est plaint, à plusieurs reprises, d'un acharnement supposé à l'encontre des entreprises américaines, à ce sujet mais aussi dans des dossiers relatifs à l'évasion fiscale. 
Cela n'a pas empêché la commissaire à la Concurrence d'accuser formellement le moteur de recherche d'abus de position dominante dans deux dossiers distincts. D'une part, le groupe est soupçonné de diriger les internautes, dans leurs recherches de produits en ligne, vers des vendeurs appartenant à la constellation Google, au détriment de tous les concurrents indépendants. 
D'autre part, Bruxelles l'accuse d'utiliser son système d'exploitation Android pour, une fois encore, faire fructifier toutes ses activités (cartographie, recherche, vidéo en ligne, messagerie, etc.) et de nuire ainsi à l'innovation.

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